Oui, la fille qui n'a aucune honte à revenir se pointer ici, sans transition.

Ben quoi. Vous me manquiez....(rhétorique bloguesque de bas étage, je n'assume pas). En fait je ne sais pas trop s'il reste des gens ici. Bonjour?

Donc pourquoi cette absence? Alors que vous guettiez, j'en suis sûre, mes énièmes égarements sentimentalo-diétético-runnesques tels des assoiffés? (bande de voyeurs)

Alors, cette absence? De vagues tentatives de vivre dans le réel plutôt que dans le virtuel ? (mouais) (l'un et l'autre ne sont pas contradictoires) (tu bluffes).

Juste moins d'envie, moins de nouveautés à raconter, peut-être. Quelques rengaines bien persistantes qu'il serait inutile de remettre sur le tapis.

Quoi que. Tant que c'est là, ça a besoin d'être dit, non? Tout ce qui ne s'exprime pas s'imprime, il a dit, l'autre. (toujours précieuse à placer en soirée mondaine, celle-là, note, note). Jung ? Freud ? (T'as qu'à aller chercher.) En tout cas c'est vrai. Quand tu ne dis pas, c'est mal qui dit, c'est mal-a-die. La somatisation, c'est -à-dire, non pas la maladie imaginaire du "il fait la comédie c'est dans la tête" mais bien, la manifestation physique réelle et douloureuse d'une émotion non verbalisée et non accueillie par la conscience, qui trouve comme dernier et ultime recours de te faire mal à ton corps, ça existe. Et c'est rarement agréable. Donc autant prendre en charge l'émotion avant qu'on en arrive au stade de la manifestation physique, non? 

Tu as remarqué comme les enfants sont souvent malades physiquement? Enfant vient du latin "infans", du verbe "farer" lui-même issu du verbe grec "fémi", qui signifie celui qui ne parle pas/ ne s'exprime pas/ ne sait manifester sa pensée par la parole. Hé oui - par manque d'outils de verbalisation, qu'il apprendra au cours de sa vie, l'enfant est pour l'instant condamné à manifester par le corps...

Donc on va parler, pour éviter de somatiser, bébé.

Putain, je suis trop forte pour amener avec intelligence le flot de plaintes dépressives qui va suivre. 

Mais comme c'est vrai, j'ai pas de remords.

Alors.

Côté course, des hauts et des bas, une régularité dans un volume plus raisonnable (60-65km par semaine au lieu des 70-80 d'avant) qui me préserve depuis un bon moment de blessure, ce qui est appréciable.

Côté alimentaire : l'anarchie complète, au gré des événements de la vie. Je crois que j'ai de plus en plus d'accès d'hyperphagie extrêmes en quantité journalière (on touche les 8000-9000 calories journalières, quand même. Deux fois par semaine environ). (Contre les 2000 préconisées chez un individu normal, oui oui, tu as bien lu, non, je ne suis pas obèse, oui, j'ai un bon métabolisme, mais oui, je cours beaucoup aussi, et oui, je prends quand même un peu de poids au bout du compte).

De 61 à 67 kilos,ça va, ça vient. A 61-62 on se sent canon, on veut vivre, on sort, on s'ouvre aux autres, à 63, c'est statu quo,  de 64 à 67, c'est que quelque chose ne va pas dans ma vie, (en général un vide sentimental ou social) et ce surpoids fait qu'elle se planque, la Emaboveari. On en est là aujourd'hui, en mode épaisse qui va devoir aller chez H et M acheter des pantalons cache-tout en plein milieu de l'été.

Côté boulot ? Elle s'est mise en pause. Elle a postulé ailleurs. Et fait face à un dilemme : rédaction web, chouette poste, mais à l'autre bout de la France (pas âme connue à moins de 800km à la ronde, et home-Bretagne reléguée à 1400km); ou rester prof ici (donc rechercher un nouveau poste pour septembre, qui sera toujours aussi sous-payé.)

Côté coeur ? Tentative de relation de couple de mars à juin, avec des hauts et des bas, les hauts, l'authenticité, la transparence, un certain confort, des envies partagées, respect et bienveillance (enfin surtout lui, moi, j'ai parfois été dure avec lui); les bas, un manque d'incarnation, trop de ressemblances? Et un engouement pas forcément partagé pour l'avenir. Bilan : célibat again, à tel point qu'on envisage les sites de rencontre payants pour Big Losers de l'Amour Ayant Atteint l'Age Critique de Sauve-Qui-Peut-J'aurai-Jamais-d'Enfants et qu'on constate avec effarement que les autres membres sont tristes comme la pluie ou le beau fils de belle maman qui cherche à trouver une Petite femme sympa de dix ans de moins que Lui-et-ses-cheveux-gris-et encore-quand-il-en-a. Mais c'est trop tard, on a passé le cap : on a payé pour être membre premium et signé sa déchéance. Alors Jean-Claude, 45 ans, Cergy...

Côté amis ? On a perdu son meilleur ami, son coup de foudre amical, qui aura duré deux, trois ans, avec qui c'était chouette, complice, marrant et sympa. A l'occasion d'une micro brouille tellement anodine qu'on se demande encore quel vrai sujet de discorde se nouait derrière.

Côté run ? Un petit rp sur semi après la mort de grand-mère (dis, c'est toi, mes insomnies? non parce que là, ça fait 4 mois quand même.) Et sinon, une belle floppée d'échecs sur 10km (et même des régressions), pas de marathon à signaler non plus en dehors du MDP en EF.

En fait, les courses officielles sans les amis, c'est pas super intéressant.

Côté thérapie ? Je m'enthousiasme pour la chaîne youtube, les vidéos et l'enseignement d'Isabelle Padovani (sur les traces de Marshall Rosenberg) et sa Communication Non Violente basée sur l'empathie, l'écoute de tous ses besoins et de toutes ses parts, une tendresse et un humour imparables. Quand je l'entends j'ai l'impression que je suis quelqu'un d'un peu moins pourri, de normal, je ne me sens pas jugée.

Je démarre aussi avec une dame formée à ce type de pratiques, un acccompagnement thérapeutique concernant mon gardien pompier "sucre sucre sucre manger manger manger" qui se déclenche pour calmer mes attaques de paniques et d'angoisse. Séance 2, ça me parle. Il n'y a pas encore d'effet sur ce gardien hyperphagie, mais j'ai l'impression de renouer avec mon enfant intérieur, tout doucement, alors peut-être que ça débouchera sur quelque chose. Un jour....? 

Du positif cocotte?

 

Euh....la découverte de Padovani (même si pour l'instant ça ne m'aide pas "vraiment"), l'entame de cette thérapie pour l'enfant intérieur, les compliments pour mon test rédactionnel qui m'ont valu l'embauche, la gentillesse de cet ex qui a vraiment été bienveillant. (mais on a basculé dans du sauveur sauvé donc ça a merdé).

Il y a tant de points noirs (le surpoids avéré, l'errance professionnelle, l'absence d'amis, le couple qui n'a pas marché, et les nuits catastrophiques) que j'ai du mal à valoriser ces quelques points positifs.

Des projets ? (t'as vu je m'interviewe comme un journaliste face à Sophie Marceau en mode bilan de carrière)

Mmmm : et bien donc refaire ma vie dans le sud est de la France (Nice...rien que ça - plus cardinalement opposé à Brest, tu meurs) en partant de rien, et vivre de ma plume de rédac? Et espérer rencontrer l'homme de ma vie à Nice ou Cannes (ces deux noms de ville suffisant déjà presque à anéantir l'espoir) ?

Ou rester ici, dans mon appart près de mon Bois chéri qui doit être la seule chose que j'aime dans ma vie, (je t'aime mon bois, oui, je t'aime mon bois.), ouvrir une nouvelle page de prof dans un autre collège, payée comme une sous-merde, et espérer rencontrer l'homme de ma vie en Ile de France ?

Alors baby ? Oui toi lecteur éclairé, qui as une vie cool, qui as vaincu un peu ses démons, qui as un mari ou une marie qui tient à peu près la route, des enfants, un métier pas trop mal, des amis ! Help me !

Je suis à 50/50. Je songe à jouer mon destin aux dés. Très sérieusement.

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